Mon jardin potager

Mon jardin potager

Comme plusieurs le savent, j’ai un potager que j’aime beaucoup. J’aime les légumes qu’il m’offre, mais surtout j’aime y passer du temps. C’est moins cher qu’un psy et mon mari dit que c’est moins cher qu’un divorce !

Je vous présente l’histoire de mon potager qui m’apporte beaucoup plus que des légumes.

L’espace potager m’a été offert par mon voisin qui vieillissait: monsieur Martel. Fils d’agriculteur, il a pris soin du terrain qui sépare nos deux maisons, une partie boisée et une partie jardin communautaire, pendant près de 50 ans. Vieillissant, il s’est fait quelques boîtes de jardinage chez lui et m’a laissé sa place au jardin. Il m’a montré comment planter, quel mélange de terre/compost faire, comment fermer mon potager pour l’hiver.

Transfert de savoir

À chaque année, il m’aidait en passant le rotoculteur avant la plantation afin d’ameublir la terre argileuse, pendant l’été autour de mon jardin pour éviter les mauvaises herbes et après la récolte pour détruire ce qui restait de l’été.

Il m’a montré tout ce qu’il savait, il m’a partagé tout son savoir qu’il avait appris de son père et de son grand-père. Il m’a tout enseigné au mieux qu’il le pouvait. La seule chose différente que je faisais était une prière en semant et en plantant. Monsieur Martel était toujours surpris de l’abondance de légumes que je récoltais et il disait avec fierté que l’élève avait surpassé le maître. Moi, je sais la vérité: Dieu était/est avec moi et fait des miracles dans mon potager.

Et puis, monsieur Martel a déménagé. J’aimais beaucoup ce monsieur, ancien directeur d’école à la grosse voix, mais au grand cœur. Nous nous sommes vus à tous les étés jusqu’à son décès et je lui remettais de beaux légumes qui faisaient son bonheur.

Petites difficultés

Le premier été suivant son départ, j’étais enceinte de mon Esaïe. Mon mari a loué un rotoculteur pour ameublir la terre comme monsieur Martel faisait. J’ai répété tout ce que mon cher voisin faisait comme il m’a montré et mes plants sont devenus magnifiques. Je me mettais à quatre pattes dans le jardin pour désherber avec plaisir jusqu’à temps que je me fasse chicaner fort… oups! La sage-femme qui faisait mon suivi en maternité m’a interdit d’aller dans le jardin pour tout le mois d’août, j’étais trop dilatée et je devais me rendre jusqu’au début septembre au moins.

J’ai regardé mon potager se remplir de mauvaises herbes, de petites fleurs qui n’avaient pas leur place et qui collaient mes plants de haricots et de tomates.

Le temps a passé et quand j’ai pu retourner jardiner, mon carré potager était devenu une vraie jungle !!! J’étais tellement découragée que j’ai tout laissé en place. Je n’avais toujours pas accouché, j’étais énorme. Et il faisait si chaud, alors j’ai fait un peu de désherbage, mais j’ai laissé tomber rapidement.

Une technique différente

Mon Esaïe a fini par venir au monde à la fin septembre. J’ai fait mes récoltes, mais l’idée de devoir faire le ménage au jardin me décourageait. Une nuit, j’ai trouvé un article du jardinier paresseux qui disait que lui, pour l’hiver, il ne faisait pas de ménage de jardin, mais laissait tout en place. Les plants morts nourriraient la terre pour la prochaine saison. L’idée m’a semblé interessante, alors j’ai tout laissé la.

Durant l’hiver, je me suis renseignée sur le site du jardinier paresseux et j’ai fini par découvrir la permaculture: travailler en harmonie avec la nature déjà en place.

L’été suivant, je n’ai pas utilisé de rotoculteur, je n’ai soulevé que ma terre à la fourche, terre si argileuse qu’elle était comme du ciment. Le rotoculteur qui est si utilisé par les agriculteurs de masse, détruit toute la vie à la surface de la terre et en fait du ciment.

Patience et persévérance

J’ai usé de patience, j’ai appris à pailler mon jardin pour arroser moins souvent, à l’engraisser avec du composte de surface, à respecter les mauvaises herbes qui finalement ne sont pas si mauvaises, seulement inconnues.

Les abeilles sont venues rapidement puisque j’avais intégré des fleurs sauvages entre mes plants.

Pour l’hiver, je laisse tout en place et au printemps tout est décomposé ou presque. Parfois même, des plants se ressèment naturellement.

Après trois étés de ce régime, pour la quatrième année, je découvre mon potager. Cette année, ma terre est en majorité de la belle terre. Pas de ciment, pas d’argile lourde, mais une terre riche en vers de terre, une terre meuble. Pas parfaite, mais beaucoup mieux que ce que c’était.

La leçon

C’est à ce moment que Dieu m’a parlé. Doucement, au fond de mon être avec une chaleur que seul Lui peut apporter. Il m’a expliqué que monsieur Martel a joué le rôle du parent pour moi: m’a légué son savoir au meilleur de sa connaissance sans mauvaise intention. Mais que parfois, ce n’est pas ce qui a de mieux pour nous. Le rotoculteur qui était l’élément le plus important pour monsieur Martel détruisait la terre, le fondement de mon potager.

Dieu m’a dit que parfois, même avec toutes les meilleures intentions du monde, seulement le temps et la patience accompagnés de bonnes actions peuvent changer un être. La terre de mon potager a pris trois hivers et quatre étés pour s’ameublir. Le changement n’est pas fini, mais je commence à voir un résultat.

Le contrôle vs le lâcher prise

J’ai toujours voulu être en contrôle, que ma vie soit bien rangée et que tout soit comme je voulais: sans mauvaises herbes. Dieu m’a montré que parfois, de lâcher prise, c’est la meilleure chose que l’on peut faire pour qu’Il puisse venir nous travailler et nous changer. Que les mauvaises herbes ne sont pas toujours mauvaises, mais qu’elles existent pour une bonne raison.

Finalement, Dieu est au contrôle de ma vie depuis le début, il m’a donné de beaux légumes même si j’avais de mauvaises habitudes de rotoculteur. Mais Il m’a arrêtée pour que je sois encore meilleure. Pour que mon fondement, ma terre, soit plus riche et encore plus ancré en Lui. Il est mon Père Jardinier et continuera toujours à me travailler, me poussera toujours à m’améliorer et parfois même, me demandera d’arrêter pour me stabiliser et me refaire en Lui, notre Créateur.

Stéphanie J. Leclerc (auteure invitée)

Mon âme, bénis l’Éternel, Et n’oublie aucun de ses bienfaits ! C’est lui qui pardonne toutes tes iniquités, Qui guérit toutes tes maladies ;

Psaumes 103:2-3

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